LES ANCIENNES COMMUNES DE DURBUY

 

NOTICES HISTORIQUES

 

BARVAUX

 

La section de Barvaux s'étend le long de l'Ourthe. Elle était habitée à l'époque néolithique (2000 avant Jésus-Christ), comme le prouvent les découvertes faites sur le plateau des Eresses. Des tombes romaines et mérovingiennes ont été retrouvées sur la bute de Ténimont. Plus tard, Barvaux fut le siège d'une des quatre Cours de la Terre de Durbuy. " existait une chapelle pour desservir les communautés de Barvaux, Bohon et Humin (disparue au sud de Barvaux) bien avant 1605. Cette région resta à l'écart de la métallurgie et se consacra à l'agriculture et au commerce. Barvaux fut le centre commercial de la Terre de Durbuy. Du 15e au 19e siècle, l'Ourthe était navigable jusqu'à Barvaux. Barvaux servait d'entrepôt aux marchandises. Les bateliers assuraient le trafic en « bètchètes »  avec Liège et le village était un nœud routier vers Liège et Huy.  Au 18e siècle, un commerce de cuir se développa qui ne put soutenir la concurrence des puissantes tanneries de Stavelot. En 1753, Nicolas Petithan, seigneur de Bohon (après les maîtres de forges Kaye, Lardinois de Ville et de My), possédait une platinerie adossée à la grotte de glawan qui eut peu d'importance. Durant la période française, Barvaux fit partie du département de Sambre-et-Meuse. En 1830, la batellerie Barvautoise connut son apogée et le village fut le centre de ravitaillement en denrées coloniales et autres pour toute la partie Est de la province du Luxembourg. Mais la création de nouvelles routes et du chemin de fer porta un coup, mortel à cette batellerie. Au 19e siècle, Humin disparaît suite à une épidémie de choléra, Dans la seconde partie du 19e siècle l'agriculture se développa grâce à la mise en valeur des terres incultes. Depuis, l'élevage et les bois se sont en partie substitués à l'agriculture. L'activité économique s'est développée vers la fin du 19e siècle et le tourisme aidant, depuis 1937, c'est le secteur tertiaire qui l'emporte sur le secondaire. Actuellement, Barvaux est le centre administratif de la nouvelle entité de Durbuy. C'est un village de commerce et de services tourné vers le tourisme et desservi par une gare. Avec ses 2154 habitants, cette section composée de Barvaux, Petit-Barvaux et Bohon est la plus peuplée de Durbuy.

 

BOMAL

 

La section de Bomal est établie sur le confluent de l'Ourthe et de l'Aisne. La grotte du coléoptère à Juzaine compte parmi les sites paléolithiques les plus intéressants de Belgique. Elle a livré un matériel lithique important et un objet en ivoire en forme de hanneton (coléoptère). Des sépultures romaines tardives ou mérovingiennes ont également été découvertes à Bomal et Juzaine. En 1109, Rombaud, comte de Mussy – le - château, fit don de l'alleu de Bomal à l'abbaye de Saint-Hubert. Celle-ci garda au cours des siècles, une Cour Saint-Hubert à Bomal-la-Grande. Les coseigneurs de Bomal lui contestèrent ce droit à plusieurs reprises. Bomal-la-Grande formait avec Herbet une seigneurie foncière de la Terre de Durbuy. Petite Bomal constituait une autre seigneurie foncière avec Saint-Rahy et Juzaine. La paroisse de Bomal-sur-Ourthe englobait Herbet et une partie de l'Alleu de Boclinville (ce hameau qui eut une certaine importance du XIe au XIIIe siècle fut détruit par la peste au XVIIe siècle). La collation était partagée par les seigneurs locaux et l'abbaye de Saint-Hubert.

 

Il existait également une paroisse à Mont-Saint-Rahy dédiée à Saint-Denis. Celle-ci disparut entre 1558 et 1615 et fut remplacée par la paroisse de Juzaine qui couvrait Bomal-la-Petite. La section de Bomal connut une activité métallurgique importante au 16e siècle avec les fourneaux, marteaux et forges de la Bretée, de la Mockerie, de Juzaine et de Bomal. De plus, Bomal, de par sa situation au confluent de l'Ourthe et de l'Aisne, était un excellent entrepôt pour le commerce par eau avec Liège. Pendant la période française, la section fit partie du département des Forêts. En 1823 Juzaine et Petite-Bomal furent rattachés à Bomal-la-grande; jusqu'alors elles avaient formé deux communes indépendantes. Ozo fut réuni à Bomal de 1823 à 1826. L'agriculture a jusque peu été l'activité essentielle de la population. A partir de la fin du 19e siècle, l'élevage augmenta et supplanta progressivement l'agriculture. Depuis le début du siècle, des emplois existent dans le secteur industriel; mais depuis la deuxième guerre, c'est le secteur tertiaire qui fournit la majorité des emplois. Depuis le 19e siècle, on assiste à Bomal à une véritable explosion démographique. En 1829, la commune comptait 273 habitants; en 1910,610 et en 1982, 1124; ce qui nous amène à constater qu'en 100 ans la population a doublé, en 150 ans elle a quadruplé! Notons que la section est composée de Boclinville, Bomal, Juzaine, Herbet, Petite-Bomal et Saint-Rahy.

 

BENDE

 

C'est à l'extrémité nord-est de l’entité de Durbuy que Bende domine la plaine de Warzée et que Jenneret se niche au-dessus de la vallée du Néblon.

 

Ces deux villages firent partie de l'enclave stavelotaine du ban d'Ocquier. Baina (Bende) est cité en 862 comme dépendance du domaine de Vervoz. A cette époque, le village de Bende se situait au lieu-dit « Au Vieux Bende". Au XVIIe siècle, il existait à Bende une chapelle Sainte-Marguerite qui dépendait d'Ocquier. Une chapelle devait exister très tôt à Jenneret. Elle avait Saint-Martin comme titulaire et dépendait également d'Ocquier. En 1807, elle en fut séparée pour être rattachée à Tohogne. En 1835, Jenneret devint une paroisse indépendante. Entre 1609 et 1624, sept femmes furent victimes à Jenneret de la chasse aux sorcières qui se déroulait dans la contrée. Elles furent étranglées et brûlées après d'horribles supplices. A la fin du 18e siècle et au début du 19e siècle, on rechercha de la houille. Cette exploitation prit fin vers 1 900. Durant l'époque française, Bende et Jenneret firent partie du département de Sambre-et-Meuse. C'est depuis le début du 19e siècle que la famille de Favereau est présente à Jenneret. Paul Louis Marie Célestin, né à Liège en 1856 et mort à Jenneret en 1922 fut un de ses plus illustres représentants. Ce docteur en droit, successivement conseiller provincial du Luxembourg et représentant à la Chambre, fut Ministre des Affaires Etrangères entre 1896 et 1907 et devint Ministre d'Etat en 1907. Notons que pendant toute l'existence de la commune de Bende-Jenneret, aucune élection communale ne fut jamais organisée. C'est lors des élections du 10 octobre 1976 pour la nouvelle commune fusionnée de Durbuy, que les habitants de Bende-Jenneret participèrent pour la première fois à un vote communal. Au début du royaume belge, la moitié de la superficie de la commune était occupée par l'agriculture. Mais dès le début du 20e siècle, .l'élevage se substitua aux cultures et les bois aux terres incultes. Alors qu'en 1895, on relevait 62 emplois de type industriel pour 106 dans l'agriculture, les emplois dans le secteur industriel et commercial ont quasiment disparus Bende-Jenneret est une section rurale qui comporte 21 3 habitants.

 

BORLON

 

La section de Borlon est composée de Borlon, Oneux, Tige, Bois de Grâ et moulin d'Amas. Des découvertes archéologiques attestent l'occupation du territoire dès les temps les plus anciens: le gisement mésolithique de la « Fontaine al Sâ, l'habitat néolithique de « Sur les Communes", les substructions gallo-romaines du « Champs Mahay", les tombes mérovingiennes de « Marchettes ». Il est curieux de constater que Borlon n'apparaisse qu'au 13e sièc1e dans les archives que les sections qui en dépendent sont citées bien plus tôt. Walthina, le lieu-dit actuel Vohine, existait en 862 en tant que dépendance de la villa de  Vervoz et Oneux est cédé en 885 par les le Gros à un fidèle du Comte Gislebert, appelé Théodo. Les origines de Borlon se confondent avec celles de sa chapelle citée au XIIIe siècle. Celle-ci dépendait de Tohogne et il semble qu'elle ait été démembrée entre 1558 et 1609. Le comte de Durbuy en fut le collateur dès cette époque tandis que la dîme était partagée entre le curé pour un tiers, le seigneur et le Chapitre de Liège pour le deuxième tiers et deux Seigneurs laïcs pour le dernier tiers. Borlon et Oneux dépendaient du ban de Barvaux. Ces deux villages restèrent à l'écart de l’essor métallurgique de la Terre de Durbuy du 15e au 17e. siècle. Pendant la période française, ces localités firent partie du département de Sambre-et-Meuse. Suite au Concordat, la paroisse de Borlon fut supprimée et rattachée à la paroisse de Bonsin, tandis qu'Oneux relevait d'Ocquier En 1823, la commune de Borlon s'accroît de Palenge et en 1826 elle englobe la commune de Petite-Somme et son annexe de Septon. En 1827, l'Arrêté Royal de Guillaume des Pays-Bas rétablit le hameau d'Oneux et le Moulin de la Venne d'Amas à Borlon. En 1843, la paroisse de Borlon retrouve son autonomie. La loi du 25 mai 1900 démembre Septon, Palenge et Petite-Somme de Borlon. Cette section a un caractère essentiellement agricole. Il y a peu d'emplois en dehors de l'agriculture. Les cultures ont dominé le paysage depuis le 19e siècle mais les prairies les supplantent progressivement depuis le début du siècle. Les bois occupent une superficie qui a varié entre 1/4 du territoire au 19e siècle et 1/3 actuellement. Avec ses 193 habitants, Borlon est en 1982 une des sections de Durbuy les moins peuplées.

 

DURBUY

 

C'est «la petite ville de Durbuy» qui a donné son nom à la nouvelle commune fusionnée. Pour son historique nous référons les lecteurs aux notices plus étendues de E. Nemery et de J. Bernard.

 

HEYD

 

 

Heyd est un gros village accroché au versant sud de l'Aisne. Son nom vient du germanique «heida» qui signifie bruyère. La section de Heyd est composée des localités d’Aisne, Lignely, Tour, Heyd et des hameaux et lieux-dits: Au Romain, Haie du Pourceau, Hottem, La Basse Haie, Loheré, Ninane, Voie du Plain. Des vestiges paléolithiques ont été découverts dans la grotte de la« Préalle» à Aisne ainsi qu'à Tour. Des vestiges de l'époque romaine ont été mis à jour à Heyd, Tour et Aisne de même que des sépultures mérovingiennes à Aisne. Heyd, Aisne-sous-Heyd, Loheré et Tour faisaient partie du ban de Wéris qui relevait de la  Terre de Durbuy. Au 16e siècle la tour de Tour Loheré contrôlait une des voies d'accès du castellum de Durbuy. Des minières furent exploitées de 1595 au XVIII. siècle. La paroisse de Heyd existait avant le XV' siècle. Son territoire s'étendait au-delà de celui de ses sections. Le seigneur de Durbuy en a toujours possédé la collation et levé la dîme. L'église actuelle est un édifice néo-gothique bâti vers 1858 qui a subi une restauration en 1879. En 1791, une chapelle fut fondée à Aisne que l'on rattacha à Heyd par la suite. Heyd fit partie du département de Sambre-et-Meuse durant la période française. C'est en 1795 à Lignely que naquit Jean Henri Gena. Il fut mouleur en sable à Roche-à-Frêne pour défrayer ensuite la chronique avec son comparse de Wibrin, Magonnette. Ces deux célèbres brigands d'Ardenne furent guillotinés à Liège le 4 juin 1822. La production agricole de la section augmenta au XIX. siècle grâce au défrichage des terres incultes. Les bois augmentèrent progressivement à partir de la fin du XIX. siècle ainsi que les prairies. Cependant, les prairies régressent depuis 1950. En dehors de l'agriculture, le secteur qui emploie le plus de personnes est le secteur des travaux publics et privés (1961). Le nombre d'habitants de la section augmente progressivement; il est actuellement de 626.

 

GRANHAN

 

 La section de Grandhan groupe les localités de Grandhan, Petithan, les Enneilles et les hameaux de Rome, Chêne-à-Han, le Marteau, Favenalle, Rahet et Moulin d'Enneille. L'Ourthe la traverse d'ouest en est, le ruisseau de Savon trace la limite entre Petithan et Durbuy et le ruisseau de Somme se jette dans l'Ourthe à Petithan. Enormément de vestiges, de l'époque néolithique à l'époque mérovingienne, ont été découverts. Ce qui prouve que ce territoire fut habité dès la plus haute antiquité. La chaussée militaire Tongres-Arlon traversait l'Ourthe à Chêne-à-Han. Très tôt, un domaine agricole s'implanta sur les bords de la rivière et entra dans l'histoire en 628, sous le nom de «villa Chambo ». En 692, Pépin de Herstal fit don à l'abbé de Stavelot de la villa de Lierneux et de ses dépendances dont «Unalia» (Enneille). Grandhan, Petit han, le Marteau, Chêne-à-Han furent intégrés dans la seigneurie foncière de Rianwé, créée entre 1434 et 1477, qui relevait de la Terre de Durbuy. Dès le XV' siècle, elle appartint aux de Hamal-Brialmont et elle passa en 1731 à la famille Van der Straten-Waillet. A partir de 1822, la propriété fut vendue plusieurs fois. L'église Saint-Georges de Grandhan existait en 1538, mais elle doit être antérieure à cette date. Elle est paroisse indépendante en 1608. Petithan fut démembré de Grandhan avant 1497. Il en fut vraisemblablement de même pour les Enneilles. Un ermitage a existé au lieu-dit « Favenalle» à Petithan.

 

 La section a participé à l'essor métallurgique de la Terre de Durbuy au 15e et au 16 e siècles. Les forges du hameau du Marteau sont citées au 15e siècle sur le ruisseau de Somme. Elles cessèrent leurs activités vers le milieu du 16e siècle. A la fin du 19e siècle, on enleva des scories, renfermant une quantité importante de fer, qui furent retraitées par l'industrie liégeoise. Sous le régime français, Grandhan fit partie du département de Sambre-et-Meuse, Enneille-Grande et Enneille-Petite formèrent une commune indépendante qui fut rattachée à Grandhan en 1826. La population se consacra presque exclusivement à l'agriculture. Actuellement la briqueterie de Rome subsiste comme activité industrielle. La section de Grandhan comporte 753 habitants, ce qui la situe à la quatrième place parmi les anciennes communes de Durbuy.

 

IZIER

 

La section d'Izier forme un ensemble avec Malboutée, Vieux-Fourneau, Fermine, Long Trixhes, Pont-le-Prêtre et Ozo. Des silex taillés, des crayats de fer, des objets de parure et des urnes ont été découverts dans cette ancienne commune. Une statuette gallo-romaine en bronze représentant Hercule a également été trouvée Izier était une seigneurie foncière de la Terre de Durbuy. Au 16e et au 18e siècle, ses seigneurs furent, pendant près de 150 ans, les de Sarter. Ils cumulaient la charge de voué de Villers-Sainte-Gertrude et se distinguèrent par leurs qualités de maîtres de forges et d'administrateurs de la Terre de Durbuy. Au 16e siècle, ils partagèrent leurs droits avec des parents par alliance, les de My. La seigneurie fut réunifiée et passa au XVIIe siècle aux de Fraipont et à leurs descendants les de Maisières et les de Rahier. Ces seigneurs habitaient la tour de la ferme Jacot qui date du XII" siècle. Ozo fut donné en 862 par l'empereur Lothaire à l'abbaye de Stavelot; on y comptait seize manses. Avant 1389, Ozo relevait de Durbuy pour certains droits. Ce territoire fut toujours convoité et disputé par la principauté de Stavelot et de Luxembourg. Il constitua un fief de garde du comté de Logne qui appartint à Waltier de la Vaulx en 1351, puis à Henrar de Villers, Gérard de Boumalle et d'autres avant d'échoir en 1484 à la famille de Traux qui la conserva jusqu'à la Révolution. Fermine est cité en 881 dans un acte de l'abbaye de Stavelot. La seigneurie était aux mains de Raes de My, vicomte de Férot en 1541, elle passa ensuite à Henri le Godet dit de Fermine et à ses successeurs les du Bois, les de Bechemont et les Misson. L'église d'Izier, dédiée à Saint-Germain-I ‘Auxerrois dépendait de Xhignesse. Elle est antérieure à 1130. C'est elle qui est à l'origine des églises de Villers-Sainte-Gertrude et de Harre et de la chapelle d'Ozo. L'édifice actuel date de 1853-54. Il remplaça un petit édifice du vieux cimetière démoli en 1853. La répression de la sorcellerie s'exerça à Izier. Deux femmes en furent les victimes. Anne Bertrand le 18 décembre 1586 et Maroie Bertrand le 7 janvier 1606. Les minières d'Izier et d'Ozo fournirent du 16e au 18e siècle des quantités appréciables de minerais aux fourneaux les plus proches. A l'époque française, cette section fit partie du département de l'Ourthe. Pont-le-Prêtre et Ozo formèrent la commune d'Ozo Jusqu'à leur rattachement en 1823 à Bomal. En 1826 ces deux localités firent partie de la commune d'Izier en compensation de la perte de Jehonheid qui passait à Ferrières. Les sources d'Izier étaient célèbres. Mais en 1929 une conduite d'eau alimentaire fut installée suite à une épidémie de typhus. C'est en 1978 qu'on installa le château d'eau « des croisettes» qui fait désormais partie du paysage. Comme la majorité des sections de Durbuy, Izier a un visage agricole. Elle compte, en 1982, 468 habitants. Beaucoup sont des retraités, des ouvriers et employés navetteurs. les agriculteurs sont de moins en moins nombreux. La population s'accroît lors des vacances et des week-ends.

 

SEPTON

 

Cette section groupe les villages de Septon, Petite-Somme et Palenge. Des pointes de flèches, des roches brisées, des grattoirs et des éclats de silex ont été découverts dans ces localités. Sous l'Ancien Régime, Septon et Palenge dépendaient du ban de Barvaux, tandis que Septon était une seigneurie relevant directement de la Terre de Durbuy. Cette seigneurie devint dès 1461 la propriété de la famille de Hamal et ce, jusqu'en 1774. Elle passa ensuite à la maison Libotte puis à Albert-Joseph de Favereau, seigneur de Saint-Ode. Le château est actuellement en possession de la secte de Krishna. Une chapelle existait à Palenge en 1551 Elle releva de Tohogne jusqu'en 1611, date où elle fut rattachée à Durbuy, démembrée de Tohogne. En 1865, une église fut construite pour remplacer cette chapelle. En 1943, Palenge devint une paroisse à part entière. A Petite-Somme, il existait aussi une chapelle en 1551. Celle-ci dépendait de Grandhan. A la demande du seigneur, Jean de Hamal, Petite-Somme fut érigé en paroisse indépendante en 1620. Ensuite Petite-Somme redevint un vicariat: En 1808, il fut rattaché à Somme-Leuze et en1 943, à Palenge. Notons que Septon ne possède pas d'église. Septon et Petite-Somme participèrent à l'activité métallurgique de la Terre de Durbuy. A Septon, des minières furent exploitées pendant le 16e siècle et un fourneau fut en activité entre 1528 et 1542. A Petite-Somme, le long de la Somme, un fourneau et deux marteaux entrèrent en activité dès 1477 et durant le 16e siècle. Sous le régime français, le département de Sambre-et-Meuse englobait ces trois localités. En 1796, Palenge avec son annexe Septon et Petite-Somme devinrent deux communes indépendantes. Mais elles furent successivement rattachées à la commune de Borlon. Palenge en  1823 et Petite-Somme en 1826. Ce n'est que le 25 mai 1900 que la commune de Septon fut créée par démembrement de celle de Borlon. Cette localité eut toujours une prédominance agricole. Le paysage y a évolué, au 19e et au 20e siècle, de la même façon qu'à Borlon: des terres incultes furent transformées en terres de cultures et en prairies et, les cultures ont progressivement été converties en sapinières. Il n'y a pratiquement pas d'emplois en dehors de ce que la terre offre comme possibilités. Cette section compte 377 habitants.

 

TOHOGNE

 

 L'ancienne commune de Tohogne est composée de Verlaine, Hinonsart, Hermanne, La Bourlotte, Warre, Longueville, Coquaimont, Tohogne, La Haisse, Grand-Houmart et PetitHoumart. L'origine de ces endroits remonte aux temps les plus anciens. Des vestiges paléolithiques ont été découverts dans la grotte des « Nutons» à Verlaine, ainsi que dans la grotte de Warre. Les stations mésolithiques de Hermanne et de Tohogne ont livré de nombreux objets. En outre, des sépultures romaines, mérovingiennes et post mérovingiennes ont été dégagées. Sous l'Ancien Régime, Houmart, Verlaine et Tohogne étaient des seigneuries foncières qui faisaient partie du ban de Barvaux, ainsi que Coquaimont et Longueville. Les seigneurs de Tohogne furent les Briffoz d'Ouffet, seigneurs de Villers-aux-Tours, auxquels succédèrent les de Presseux. Leur maison seigneuriale fut transformée en ferme au 16e siècle. La seigneurie de Verlaine appartint à une famille du même nom. Elle fut ensuite partagée entre les de Vilhain et les de Hamal et les de Barbanson qui étaient seigneurs de Soy et de Bomal. Le receveur de la Terre de Durbuy, Jean Germain posséda la seigneurie de Houmart au début du XVIIIe siècle. Ensuite ce furent les de Nonancourt et les Martini. Tohogne est un ancien lieu d'évangélisation. L'église saint Martin fut, sans nul doute, la plus importante et la plus ancienne de la Terre de Durbuy. Son ressort s'étendait sur tout le ban de Barvaux et au-delà. Elle donna naissance à plusieurs cures, dont Wéris, Durbuy et Barvaux. L'édifice actuel est une magnifique église romane de la première moitié du XIe siècle dans lequel des fouilles ont permis, en 1975, de découvrir des peintures murales du 16e et du XVIIe siècle. Au 12e siècle, la dîme et la collation de cette église appartint à l'abbaye de Floreffe. Les seigneurs de Durbuy en récupérèrent la dîme au XIIIe siècle et la collation au 14e siècle. Ils choisirent en général des curés issus de grandes familles de la région. La chapelle de Verlaine dépendait de cette église. Elle fut probablement fondée par le seigneur temporel de l'endroit dès le 16e siècle. En 1843, elle devint succursale et, une nouvelle église plus grande fut construite au début du 20e siècle. Houmart et Warre possédèrent tardivement un lieu de culte plus proche que l'église de Tohogne. En 1860, une chapelle fut érigée à Houmart en l'honneur de saint-Hubert. Elle devint chapellenie de Tohogne en 1856 et succursale en 1872. En 1888, Michel Come édifia, à ses frais, une chapelle dédiée au Sacré-Cœur. La léproserie de la Hesse était connue dès le début du XIVe. Elle devint un ermitage en 1850. La Hesse fut convertie en bureau de bienfaisance à partir de 1760. C'est à présent une maison particulière. Les receveurs de la Terre de Durbuy signalaient au 16e siècle, Warre fut le centre d'une exploitation minière. Il y avait là des gisements de fer, de plomb, de cuivre et de manganèse. Des galeries furent creusées mais les moyens de transports ne permirent pas une exploitation durable. A l'époque française, Tohogne fit partie du département de Sambre-et-Meuse. Avec ses 948 habitants, Tohogne est actuellement la troisième section de Durbuy. Son paysage a subi les mêmes modifications que d'autres villages de Durbuy. Les terres incultes furent défrichées au 19e siècle pour disparaître après 1950; les terres de cultures progressèrent au 19e siècle pour faire place aux bois et aux prairies au 20e siècle.

 

VILLERS-SAINTE GERTRUDE

 

Villers-Sainte-Gertrude est composé des villages de Grandbru et de Villers-Sainte-Gertrude et des lieux-dits Moulin des Roches, Hiva et Champs des Cognées. Viii ers est mentionné pour la première fois en 966 dans un document où l'empereur Otton 1er confirme les possessions du monastère de Sainte-Gertrude à Nivelles. Ce territoire leur avait été cédé quelques années auparavant par un comte du Hainaut. En 966, Villers comptait douze manses, une église, un moulin et une brasserie. Ce domaine apparut comme seigneurie au XIIIe siècle. Mais des contestations s'élevaient constamment avec les seigneurs de Durbuy qui grignotaient les droits des Dames de Nivelles. Le 5 mai 1587, elles engagèrent la seigneurie de Villers à Evrard Sarter d'Iller. Ce domaine fut ensuite engagé par l'importante famille BOUVET dont le plus illustre représentant était Gilles Bouvet, conseiller et receveur général des aides du Luxembourg. Ses descendants firent don de leurs biens de Villers à l'abbaye du Val-Saint-Lambert qui possédait déjà des biens importants à Harre. A la fin du XVIIIe siècle, la seigneurie relevait du Val-Saint-Lambert pour deux tiers, et des Rorive et de leurs successeurs, les de Foulon, pour le dernier tiers. Le document de 966, parle également d'une chapelle à Villers qui dépendait de la paroisse d'Izier. La paroisse de Villers-Sainte-Gertrude fut érigée le 20 mai 1609. Les seigneurs du lieu en furent les collateurs. Cette section participa à l'activité industrielle de la Terre de Durbuy. Des minières y furent exploitées du 16e au XVIIIe siècle. Un fourneau était établi à pont-le-Prêtre au 16e siècle. La Roche-à-Frêne et Nivarlet eurent également des établissements métallurgiques importants à cette époque. En 1760, les habitants de la seigneurie de Villers-Sainte-Gertrude, où le duc d'Ursel était décimateur en partie, refusèrent de payer la dîme des topinambours. Sous le régime français, ces localités firent partie du département de l'Ourthe. Essentiellement rurale, Villers-Sainte-Gertrude est actuellement la section la moins peuplée de Durbuy; elle compte 154 habitants.

 

WERIS

 

 Morville, Pas-Bayard, Oppagne et Wéris forment la section de Wéris. Les dolmens et les menhirs ont rendu cet endroit célèbre. De nombreux instruments lithiques et des vestiges de l'époque gallo-romaine ont également été découverts. Le premier texte, qui fasse une mention claire du village de Wéris, date de 1243. En 1384, celui-ci était le siège de plusieurs cours foncières et le centre du ban de Wéris (le ban de la Sarte s'en détache au XV" siècle) qui relevait de la Terre de Durbuy. Morville formait une cour foncière de ce ban. Oppagne fut jusqu'à la Révolution française une enclave liégeoise dans la Terre de Durbuy. C'était une seigneurie adjacente qui possédait un statut juridique fort particulier. Wéris eut son église au plus tard au IX" siècle. L'église romane daterait du XIe siècle. Cette église fut une des premières à se détacher de la paroisse de Tohogne. Sa collation fut disputée par le curé de Tohogne et le seigneur de Durbuy. En 1588, Erezée se détacha de Wéris et devint une paroisse indépendante. Oppagne possédait une église en 1608. La collation appartint au Prince-Evêque de liège et au chapitre Saint-Jean alternativement. L'édifice actuel a été construit en 1861. La présence de maîtres de forge et de mineurs est attestée au XV" et au XVI" siècle. Des minières furent en activité à «Zoblir» près de Morville, « Sous le Tillou Mansee» entre Wéris et Morville et à« Les Soupières» vers la fin du XVI" siècle. Au même moment, un fourneau et un marteau étaient en activité au Werichet, dans l'enclave d'Oppagne. Suite à la peste et aux guerres, la terre changea de maîtres au XVII" siècle et tomba aux mains de quelques familles étrangères à Wéris, enrichies par des trafics de tous genres; Une de ces familles fut les « Marchant ». C'est Jean Mathieu Marchant, alors qu'il exploitait les forges de la Vallée de l'Aisne, qui bâtit vers 1684 le merveilleux château-ferme qui se dresse toujours dans le village. En 1755, un procès opposa au duc d'Ursel la plupart des manants de Wéris qui refusaient de payer la dîme des topinambours parce qu'ils en plantaient depuis plus de 40 ans et que, ce délai passé, ils prétendaient être exempts de redevances. A la période française, cette section dépendait du département de Sambre-et-Meuse. Oppagne  fut réuni à Wénin, Morville et Wéris pour former une commune. Biron semble avoir été réuni à ces localités de 1818 à 1823. Wéris est profondément rurale. Cette section compte 601 habitants qui trouvent difficilement un emploi sur place.

 

BIBLIOGRAPHIE

 

Ces notices ont été faites à partir de la compilation des ouvrages suivants :

 

- Ardenne et Famenne; revue trimestrielle;

 

 - BAUWENS (P.), Ouffet, Ocquier et Jenneret, hauts lieux de la sorcellerie durant la première    moitié du 17e siècle, dans Annales du congrès de Liège de la fédération  Archéologique et Historique de Belgique, t. l, Liège, 1969, pp. 41-66; 

 

- BOURGUIGNON (M.), Une famille seigneuriale à Villers-Sainte-Gertrude: les Bouvet,  dans A.I.AL., 1966, pp. 1-34;

 

- CHOQUE (A.) et PIROTTE (F.), En marge d'un millénaire, Villers-Sainte-Gertrude, 1000  ans d'histoire, Villers-Sainte-Gertrude, 1966; - CONROTTE (E.), Les Enneilles à travers les âges, dans A.I.A.L. 1912;

 

- HANNECART IL), no lices dans HASQUIN (H.) e.a., Communes de Belgique: dictionnaire d'histoire et de géographie administrative; t. 1: Wallonie, Bruxelles, 1980;

 

- CERCLE CULTUREL DE LA VILLE DE DURBUY, Histoire, contes, légendes du Pays de Durbuy, Bomal, 1980; - NINANE (G.), La maladrerie de la« Haisse» à Tohogne. dans B.I.AL, janvier 1941;

 

- NINANE (G.H.), L'ancienne terre de Durbuy et sa structuration paroissiale, dans A/.AL, 1968;

 

- MINISTERE DE LA CULTURE FRANÇAISE, Le patrimoine monumental de la Belgique,  Wallonie, vol. T, Province du Luxembourg arrondissement de Marche en Famenne,  Liège, 1979; - PI ROTTE (F.), La pomme de terre en Wallonie au XVIII' siècle Liège, 1976 (Collection  d'études publiée par le musée de la vie wallonne, 4);

 

- PI ROTTE (F.), La Terre de Durbuy au XVII' et XVIII' siècle, les institutions, l'économie et  les hommes, Liège - Louvain - Leuven, 1 974 (centre belge d'histoire rurale.  publication 35); - 

 

- PIROTTE (F.), L'industrie métallurgique de la terre de Durbuy de 1480 à 1625, ses rapports  avec la métallurgie liégeoise dans Bulletin de l'Institut Archéologique Liégeois, 1 966,  t LXXIX, pp. 145-210;

 

- PI ROTTE (F.), Note sur l’évolution de la ladrerie de la Hesse à Tohogne du moyen-âge à la  fin de l'ancien régime, dans A.I.A.L., 1975 et 1976, t. CVI et CVII, pp. 163-181; - PI ROTTE F. et BERNARD J., Durbuy: le château, la ville et la communauté des bourgeois de 1500 à 1795, dans A/.AL 1968;

 

- TANDEL lE.), Les communes Luxembourgeoises, t. V. i ‘arrondissement de Marche, dans A/.AL, t XXVI, Arlon, 1892. Nous avons également utilisé les chiffres de population du Registre National du 20 février 1 982.

 

. A.I.A.L. - Annales de l'Institut Archéologique du Luxembourg.  B.I.A.L. - Bulletin de l'Institut Archéologique du Luxembourg