Villages de la commune de Nassogne

 

 

Ambly

 

Appendice coincé entre Forrières et Nassogne, le village d’Ambly n’a rejoint la «belle province» qu’au moment de la fusion des communes. Longtemps, Ambly demeura terre de débats entre le Duc du Luxembourg et le Prince-Evêque de Liège (1541). Le différend ne fut jamais définitivement vidé. Quoi qu’il en soit, Ambly demeura le «fief» du comté de Rochefort, donc namurois jusqu’en 1976. D’apparence celtique, le nom «Ambly» trouverait son origine dans le terme «Amilla», espèce de marguerite. La présence d’un  Mousty sur Javingle (chapelle ou oratoire) du 7 e siècle constitue l’élément le plus ancien de son patrimoine historique.

 

 

Bande

 

Le village de Bande est bâti sur un éperon schisteux qui surplombe le Bonnier, un petit affluent de la Wamme. Le nom du village fut cité une première fois en 1189, dans une bulle du pape Lucius III qui confirme que «la villa de Bandres, tant des les eaux, les bois que les prés» dépend de l’Abbaye de Saint-Hubert. Depuis cette date et pendant six siècles le Seigneur de Bande fut l’Abbé de Saint-Hubert, alors que la Seigneurie de Bande faisait partie du Comté de La Roche puis du Duché de Luxembourg. D’une superficie totale de 1921 hectares, la commune de Bande compte plus de 1000 hectares de forêt. Cette forêt fut partagée au début du dix-septième siècle entre le Comte de La Roche et l’Abbaye de Saint-Hubert. Dès 1741, la communauté des habitants de Bande reçut une partie de la forêt réservée à l’Abbaye, le Bois de Bande, dont elle put tirer des revenus à son profit. Aujourd’hui, environ 860 hectares sont des bois communaux. C’est le massacre perpétré par les nazis la veille de Noël de 1944 qui donna une malheureuse célébrité à la localité. Ce jour-là, 34 jeunes gens furent lâchement assassinés dans une maison en ruines près de la Nationale 4. Plusieurs d’entre eux étaient originaires de Bande, de Grune et de Roy.

 

 

Charneux

 

Village frontière entre Famenne et Ardenne, traversé par l’antique voie de Rochefort à La Roche, Charneux s’accroche depuis des siècles sur le versant Est de la vallée des Grandes Invasions. C’est en effet le long de l’axe que suit la Nationale 4 que nombre d’incursions armées ont déferlé sur notre pays. L’ancienne route nationale 4, actuellement route de Bastogne a été témoin de l’ultime tentative de percée de l’armée allemande vers Marche en décembre 1944. Sous l’Ancien Régime, Charneux appartenait à la seigneurie de Waha. Le village primitif devait probablement se nicher au cœur d’une forêt. Ainsi la tradition rapporte que des habitants de la Gaume, étant venus pour travailler dans ce bois, y fixèrent leur demeure et peuplèrent ainsi petit à petit le dit Charneux. En 1483, Charneux-Harsin est appelé «Cherdeneux» et est déjà cité comme ancienne paroisse en 1558. «EUX» est une terminaison qui, comme « OIS », indique une essence d’arbres. On dit que les premières maisons du village ont été bâties près d’un gros charme appelé en wallon « Tchaûrnale ».

 

 

Chavanne

 

Chavanne était une seigneurie hautaine se relevant de la Cour féodale de La Roche. Ce petit village était de la paroisse Saint-Martin-lez-Waha, contenait neuf maisons, sept laboureurs, un charron, deux maçons et un membre du clergé séculier. Les deux seigneurs de Grune et de Jemeppe possédaient presque tout le territoire, alors couvert de genêts, de ronces et de bruyères; territoire qu’ils finirent par louer aux habitants de Chavanne et de Harsin. Ceux-ci essartèrent une grande partie. Comme contribution, ils payèrent aux propriétaires un setier de seigle par journal, c’est-à-dire 25 ares.

 

 

Harsin

 

Harsin était une seigneurie enclavée dans la prévôté de Marche. En 1302, elle fut relevée de l’Etat par Louis de Clermont, descendant de saint Louis, roi de France, et de la Maison de Bourbon. En 1672, le 15 mars, des lettres patentes concèdent à Monsieur de Grüne à titre de rente la pleine juridiction, haute, moyenne et basse sur la seigneurie de Harsin. Harsin et le Thier Renard étaient des fiefs relevant de la Cour féodale de Marche. En 1565, le 8 mai, Servais, seigneur d’Ottrey, après avoir relevé la 4e part de la seigneurie, la transporte à Monsieur Antoine de la Neuforge qui la relève. En 1571, le 31 décembre, Jehan de Chastroven, fils de feu Thomas de Jemeppe, relève les trois quarts. Le même et Louis de Biron relèvent les deux tiers de huit sachées d’avoine de rentes à Harsin. Jehan, le maître, relève l’autre tiers. A cette époque déjà lointaine, il n’y avait pas, pour ainsi dire, de voies de communication. Entre ces petites localités et les villes de Marche et de Saint-Hubert, il n’y avait que des sentiers. Cela dura jusqu’en 1810. La malle-poste allant de Marche à Saint-Hubert passait par Hedrée, Harsin, Nassogne. D’où  la nécessité d’améliorer les chemins. On peut dire que ce ne fut qu’à partir de 1821 que ces villages furent rendus habitables et praticables. En effet, cette même année, M. Geoffroy, maître de forge à Saint-Hubert, par suite d’une exploitation de minerai et du commerce intense qui se pratiquait, dut améliorer ces sentiers et fit construire, à ses frais, un pont sur la Wamme à Harsin, afin de permettre à ses chariots d’amener aux hauts-fourneaux le minerai qu’il avait en dépôt à La Rochette. Ce pont a été démoli et, à l’endroit où il se trouvait, on a découvert les fondations d’une église dédiée à saint Antoine et les restes d’un ancien cimetière. En 1823, il restait encore quelques terrains incultes et ceux qui consentirent à en payer les contributions en devinrent possesseurs. Harsin, disent les chroniqueurs, est riche en antiquités. On y a trouvé des monnaies et un temple romain, des objets divers de l’Age du Bronze et de Fer, des sépultures et des armes franques. La route romaine se rendant à Nassogne passait non loin de Harsin.

 

 

Forrières

 

Situé à l’intersection de deux grandes régions géologiques, la Famenne et l’Ardenne, Forrières est traversé par la Lomme. C’est elle, probablement, qui amené les hommes à s’établir dans notre région. Cette localité est habitée depuis très longtemps comme en témoigne la découverte de divers objets ; hache en silex, polissoirs en grès … Le premier écrit mentionnant le nom de Forrières date de 746, il s’appelait alors Ferario. Le nom a évolué au fil des siècles : Foriers au XIe, Forieres au XIVe, Foirier et Forire au XVIe et Foriere au XVIIIe. Le village était autrefois constitué de deux paroisses, Forrières Notre-Dame et Forrières Saint-Martin, l’une liée à la succursale d’Ambly et l’autre à celle de Wavreille. C’est en 1840 qu’on érigea une église commune aux deux sections et qu’on relia celles-ci par la construction du pont des Battes. C’est également dans la deuxième moitié du XIXe siècle que le village prit sa physionomie actuelle, les lieux aujourd’hui boisés étaient alors couverts de genêts et de bruyères. Vers 1900 l’ouverture de la ligne de chemin de fer entre Jemelle et Arlon et le développement de la gare et des ateliers de Jemelle transformera la vie professionnelle des Forrièrois. Une grande proportion des habitants qui pour la plupart vivaient des ressources de la terre et de petit artisanat se sont engagés à la société des chemins de fer et d’autres ont profité des nouvelles facilités de circulation pour chercher du travail dans les ministères et administrations. Signalons également la présence de vestiges d’une construction mégalithiques  situé à l’ouest de Forrières, au lieu-dit « Inzomet » (au sommet). Autrefois, les pierres ou « cuvelées » (charge) du diable étaient composées de six dolmens (tables de pierre), groupes de trois pierres; l’une formant table sur les deux autres. Soit dix-huit pierres, disposées en cercle. Actuellement, les deux tiers des pierres ont été détruites, probablement pour empierrer des chemins. Il ne reste aujourd’hui que six pierres sur le site. Une septième se trouve dans la cour du château Germain, actuellement propriété Dumonceau. Depuis 1949, le site est propriété de l’Etat.

 

 

Grune

 

Adossé à la forêt de St-Hubert, Grune domine les vallées de la Wamme et de la Wassoie. Sans que l’on puisse déterminer l’époque des premiers habitants du village, son existence est attestée dès le haut Moyen-Age. Localité essentiellement rurale, les villageois vivent de l’élevage, des ressources de la forêt, du travail du bois et des activités de la région. Son histoire est intimement liée à celle de son château, qui était sous la féodalité, le siège d’une seigneurie hautaine se relevant en plein fief de la Cour féodale du comté de Laroche. Henri de Wellin, seigneur de Grune, Crupet et Masbourg, est le premier dont il ait fait mention dans un acte de 1290.

 

 

Lesterny

 

Lesterny, village surplombant la vallée de la Lomme, existait déjà en 815 : c’est en effet à cette date qu’il fut donné au monastère de Saint-Hubert par Walcand (évêque de Liège). Avant 1793, il faisait partie de la terre de Mirwart et du quartier d’Orchimont. pendant l’occupation française (1794) il dépendra du département de Sambre et Meuse. En 1818, Lesterny est rattaché au Grand Duché de Luxembourg. Sous le régime hollandais, en 1823, le village va dépendre de la commune de Forrières et ce n’est qu’en 1907 qu’il deviendra une commune distincte et ce jusqu’à la fusion.

 Etymologie de Lesterny (en wallon Lèstirni)

815: Lesternivis , XIIe siècle: Lesterneias, Listerniacas, les terres de Lestirnius.

 

 Lesternivis vient de:

Ster ou Staer (celte) = rivière (Bullet et Delfontaine)

 Ny (niacum) = demeure

 

Ce qui signifierait  «habitations sur un ruisseau».

 

 

Masbourg

 

Masbourg, village situé dans la vallée de la Masblette, date vraisemblablement de l’époque mérovingienne: en 912, l’existence de la bourgade est attestée par la forme «Masburgh». Le village formait avec son hameau Mormont une Seigneurie dont les ¾ de la superficie appartenaient à un seigneur (les de Villers, les d’Arenberg…) et le dernier quart à un autre Seigneur (les de Lardenoy et ensuite Tassia). Cette seigneurie faisait partie du groupe des Terres franches du Luxembourg et ce jusqu’en 1769. Par ce statut, elle bénéficiait de certains privilèges et possèdait sa haute cour de justice comprenant un mayeur, cinq échevins, un greffier et un sergent. Après la Révolution Française, la seigneurie devint municipalité puis commune. De 1823 à 1858, le village de Grupont faisait partie de Masbourg. Lors de la fusion des communes, le village sera rattaché à Nassogne. Signalons aussi dans le passé, l’existence de quelques petites « industries » : un moulin, une brasserie, une scierie à Mormont, une fabrique de mélasse, une mine de minerai de plomb …

 

 

Nassogne

 

 Dans la forêt d'Ardenne, dans une contrée où le culte d'Arduina l'avait cédé au culte du dieu Freyr,existait jadis une fontaine du nom de Nassonia.
Sur ses bords, vinrent se dresser quelques habitations dont l'ensemble s'appela Nassonia, Nassoigne, Nassonacum, et plus tard, Nassogne.
Cela nous reporte aux tous premiers siècles de notre ère, époque à laquelle on trouve en 372 plusieurs édits de l'Empereur Valentinien, datés de Nassogne, localité en bordure de la chaussée Bavay-Trèves.
Pendant plus de 200 ans, Nassogne reste dans l'oubli et les historiens en reparlent vers l'an 600.  C'est alors en effet qu'un moine écossais de nom de Monon, reçoit du Ciel l'ordre de venir évangéliser les gens qui se trouvent dans les environs de la fontaine Nassonia.
Monon, obéissant, prend son bâton de pèlerin et se met en route.
Il décide, avant de venir en Ardenne, de se rendre à Rome demander l'assistance des Sts Pierre et Paul.
En chemin, il rencontre Jean l'Agneau, à ce moment évêque de Tongres, qui s'en revient de Rome, et une étroite amitié se noue entre les deux hommes.
Au retour de son pèlerinage, Monon arriva à l'endroit que l'Ange lui avait indiqué.  Il se mit immédiatement à son double travail d'évangélisation et de défrichement, et un porc ayant déterré une clochette - on suppose que cette clochette était un tintinnabulum perdu par l'un ou l'autre  convoi qui parcourait la chaussée Trèves à Bavay, - Monon s'en servit pour appeler le peuple à la prière dans un humble oratoire qu'il avait dressé où se trouve actuellement la chapelle de Coumont.
Si Monon se fit beaucoup d'amis, il eut aussi des ennemis aussi bien dans ceux dont il avait renversé les idoles que du coté des malfaiteurs à qui il reprochait leur vie de péchés.
Ces bouquillons (bûcherons) s'unissent dans le même mauvais but et décident de supprimer Monon.  Ils viennent surprendre l'ermite alors qu'il est en prières dans son oratoire et d'un coup de dard - à moins que ce ne soit d'un coup de coin à fendre le bois - ils frappent Monon à mort - nous sommes vers l'an 636.
Averti de la mort de Monon, Jean l'Agneau qui était devenu évêque de Maastricht, eut grande peine car il portait en haute estime l'ermite de Nassogne.  Il fit bâtir une église en son honneur et ordonna que les chanoines de Huy viendraient y célébrer la messe chaque semaine.  Cette église se trouvait vraisemblablement à l'endroit de l'édifice actuel qui devint collégiale par une faveur de Pépin le Bref.
En effet, Pépin le Bref (715-768), fils de Charles Martel, venant chasser dans les Ardennes, entendit parler de miracles de St Monon et de son martyre et il voulut lui rendre hommage.  Il entra dans l'église où étaient les reliques sacrées, et - dit la légende - témoin lui-même de plusieurs miracles sur des personnes infirmes, il se prosterna de tout son long sur la pierre devant le tombeau du saint.  Il fit don de son chapeau royal orné d'une grande quantité de pierres précieuse enchâssées dans l'or fin.
Il fonda un chapitre de chanoines à qui il donna les dîmes lui appartenant entre la Lesse et l'Ourthe.
On raconte que lors d'un passage à Nassogne, la suite de Pépin ayant soif et ne trouvant pas d'eau, Pépin frappa le rocher de son épée et une eau vive en jaillit.  C'est depuis lors que l'endroit situé  à l'entrée de Nassogne en venant de Forrières s'appelle la Pépinette.
En 825, l'évêque de Liège, Walcand, fit transporter à Andage -Saint Hubert actuel - le corps de St-Hubert et soumis l'église de Nassogne aux prébendes de l'abbé de Saint-Hubert.  Cela dura jusque 1086 quand le chapitre de Nassogne refusa l'obéissance à l'abbé de Saint-Hubert tout en reconnaissant sa prééminence dans les assemblées convoquées par l'autorité papale.
Henri de Liège transféra alors à l'église de St Pierre et St Hubert à Liège le droit de décerner les prébendes à Nassogne tout en proclamant l'indépendance de son église.
Vers 1253, les légats apostoliques du cardinal Hugues de Ste Sabine et d’Henri, évêque de Liège, vinrent à Nassogne pour rétablir la discipline ecclésiastique.  Ils ne réussirent pas entièrement et durent y revenir l'année suivante.
A cette époque, la terre de Nassogne appartenait à Walleran, sire de Montjoie et de Fahlcoumont.  Par acte du mois d'avril 1270, il promet de vendre à Henri, comte de Luxembourg et Marguerite sa femme, tout ce qu'il possède à Nassogne en Ardennes : hommes, prés, bois, le tout pour une somme de 1476 livres de Brabant.
Au mois de janvier 1274, Gérard de Luxembourg, fils de Walleran, sire de Durbuy, proclame l'affranchissement de la seigneurie de Nassogne.  Il déclare les habitants libres des droits de morte main, des mesmariages, des plaids généraux, des tailles, de toute coutume et de tous les forfaits ; mais il les contraint à plusieurs obligations qui sont reprises dans la charte d'affranchissement.
En 1364, le duc Wenceslas renouvelle de geste de Gérard de Luxembourg et exempta encore une fois les habitants de Nassogne du droit de morte main.
Wenceslas paya ses dettes avec le prix de la terre de Nassogne, car il la vendit à Guillaume, comte de Namur.  Elle passa ensuite à Everard de la Marke qui devint le dévoué (défenseur) de Nassogne alors que le duc de Luxembourg restait souverain et que les moines de St-Hubert exerçaient le pouvoir religieux sous la suprématie de l'évêque de Liège.
Le 1er août 1536, à la demande de Collard Malaize, abbé de St-Hubert, une nouvelle charte fut signée spécifiant bien les droits de l'abbé de St-Hubert, du seigneur de Mirwart et des habitants.
Dans cette charte (record) se trouvent détaillées les dispositions à suivre pour la procession de St Monon  dite des Remuages.  Voici le texte : " Le jour des Remuages, le Voué, seigneur de Mirwart, vient à Nassogne dans l'église canoniale, devant le grand autel, en présence du prévôt et des chanoines, du maïeur et de la haute cour ; il promet de faire son devoir et de porter le corps de Monsieur St Monon à la chapelle et de le rapporter à son église sur le grand autel à sa léalle puissance.
Quand il le rapporte sur l'autel, il demande s'il a bien rempli son devoir.  Le maïeur et la justice lui répondent ce qui est fait en est et le seigneur paye à la justice leurs droits accoutumés.  Quand le seigneur est déclaré avoir fait son devoir, l'abbé de St-Hubert doit lui payer huit francs pour ses droits, et avec ce, les hoirs et successeurs de Rasquin de Harzée sont redevables envers le dit seigneur, le susdit jour, de quatre setiers d'avoine pour ses chevaux "
Il est aussi conté que deux hallebardiers commandaient la procession des Remuages.  Ils rangeaient les habitants des paroisses par ordre alphabétiques, d'abord ceux d'Ambly et quand ils arrivaient à la lettre F, ils criaient : " En arrière les gens de Forrières qui ont occis St Monon ".
Le 30 août 1634, Ferdinand de Bavière, prieur-évêque de Liège, renouvelle les anciens privilèges de la terre de Nassogne et leur donne sauvegarde contre toutes excursions et allogements militaires.
Le 25 janvier 1650, Maximilien Henri, prince de Liège, exempte les habitants de Nassogne d'une imposition qui avait été établie dans le pays de Liège, au moyen d'une somme d'argent qu'ils lui comptèrent en 1656.
Le chapitre des Chanoines créé par Pépin Le Bref existe toujours au 17e siècle.  On trouve en effet que le 13 août 1696, Gilles Moreau, doyen des chanoines, vice prévôt, a remis, par ordre des chanoines, à Nicolas Bouffeux, la charge de prévôt.
Nicolas Bouffeux mourut en 1726 ; nous tenons de lui la chape qui fait partie du trésor de la collégiale.
Vers 1700, le chapitre commença à se diviser pour arriver à de telles dissension qu'il fallut que le pape Clément XI envoyât à Nassogne, le 10 mai 1709, le nonce apostolique, pour remettre de l'ordre.
C'est de cette époque que datent plusieurs obligations qui restèrent en vigueur jusqu'à nos jours.  Entre autres :
1. Le tabernacle sera recouvert d'un voile à l'intérieur et une lampe brillera nuit et jour devant la St Eucharistie, qui ne sera jamais exposée sans que l'autel soit éclairé pat six chandelles en cire.
2. La Fontaine baptismale sera placée près de la porte de l'église et sera entourée d'un grillage.
3. La fête de St Monon sera célébrée le jour de la St Luc (18octobre).  Une messe sera chantée en son honneur et un discours sera prononcé tandis que la cassette qui contient ses ossements sera exposée sur le grand autel.  Le jour de la translation (Remuages), on lui rendra le culte qui lui est dû.  Les danses, festins et autres orgies sont abolis et le prévôt veillera à la réalisation de ces obligations.
4. Le chapitre engagera le peuple à réparer la tour et le toit de l'église et fera replâtrer les murs intérieurs.
5. Les dimanches et jours fériés, un sermon sera fait au peuple ainsi que le catéchisme, par le préban, qui célèbre la messe paroissiale.
6. Tous les chanoines assisteront aux matines et aucun ne pourra sortir du chœur avant la fin sous aucun prétexte.
7. Récitation du chapelet dans l'église chaque dimanche après-midi.
8. Le prévôt fera bâtir un gymnase et visitera deux fois l'an l 'école des enfants.  Il les examinera en présence du maître afin de se rendre compte des progrès des élèves et du maître.
Ces nonces revenaient à des époques indéterminées pour rallumer le feu sacré et communiquer les ordres du chef spirituel de toute la chrétienté.
Le chapitre des chanoines subsista jusqu'en 1794 au moment où la domination autrichienne fit place à la domination française.
Le biens provenant de Pépin Le Bref et des autres donateurs furent vendus par le gouvernement français à la révolution.
Ainsi fut tournée une page de l'histoire de Nassogne où St Monon et les chanoines tirent une grande place.
L'église collégiale est toujours à l'emplacement de l'église de Pépin.  Elle a été complètement détruite et rebâtie plusieurs fois.  Sa dernière reconstruction totale date de 1661.
Elle fut à nouveau restaurée à la suite des incendies de 1673 et 1782.
Abîmée par les bombardements de la guerre 1940-1945, elle fut remise en état vers les années 48-49.
De nos jours, Nassogne est un village de plus de 1000 habitants.  Il a perdu quasi entièrement son caractère agricole.  Les hommes sont presque tous  ou employés ou ouvriers.
Le village s'est embelli et de nombreux citadins viennent y passer leurs vacances soit à l'hôtel, soit dans des maisons restaurées ou nouvellement bâties.  Leu séjour est agrémenté par le concours de nombreuses sociétés locales.

 Extraits de la revue «Terres entre Wamme et Lhomme» éditée par le Cercle d’Histoire de l’Entité de Nassogne.

Pour plus d’informations: Mr Louis LANGE, président - 084/21.06.19