Immigration de Tyroliens

En Lorraine et dans le duché de Luxembourg

Après la guerre de Trente ans (1618 -1648)

Projet " GETYROLOR "

 

 

 

 

Dans la revue Généalogie Lorraine n° 108 de juin 98, je me suis proposé (sans subside, patronage et voyage d'études) de rassembler et recenser les informations concernant cette immigration dont tout le monde  parle et peu de personnes en  connaissent exactement les causes.

 

Le fait que ces Tyroliens proviennent d’une région de langue allemande ne nous facilite pas les recherches à nous francophones, souvent allergiques aux langues étrangères.

 

D’après le nombre de réponses reçues à ce jour, on ne peut pas dire que cette immigration fût aussi importante qu’elle ne le laissait entrevoir ou simplement tous les membres ayant des ancêtres Tyroliens n’ont pas cru nécessaire de participer à cette initiative. Les paroles de Lagardère « un pour tous et tous pour un «  n’ont probablement pas été entendues. Une petite vingtaine de généalogistes m’ont fait parvenir leur(s) Tyrolien(s) sans  connaître beaucoup de détails sur leur(s) passé(s)

 

 

 

Afin de comprendre un peu mieux cette immigration vous trouverez dans les pages suivantes un résumé de l’histoire de l’Autriche et du Tyrol en particulier, ainsi qu’un tableau reprenant les patronymes rencontrés et une bibliographie succincte des ouvrages ou revues qui peuvent aider à mieux cerner le sujet qui nous préoccupe. Pour les plus courageux, un voyage au Tyrol est naturellement fortement recommandé. L’arrivée des communications par Internet peut certainement aider les contacts.

 

 

 

Dans presque tous les cas les dates reprises dans le tableau des patronymes étant incertaines et supposées, la lettre P précède la date. Les renseignements entre parenthèses  qui suivent le village d’origine se rapportent à la carte Michelin 426 au 1/400.000 de l’Autriche.

 

 

 

Ce projet étant permanent, toutes informations supplémentaires sera naturellement la bienvenue et contribuera à faire connaître un peu mieux nos ancêtres autrichiens.

 

 

 

Pourquoi cette immigration ?

 

 

 

D’après le peu de réponses reçues actuellement, mon impression est que l’arrivée de ces Tyroliens ne correspond pas exactement à l’idée que l’on se faisait d’une immigration pour repeupler nos régions dévastées. La majorité des personnes,  souvent seules, exerçaient la profession de maçon/tailleur de pierre. De ce fait, j’opterai de préférence pour une arrivée destinée à reconstruire,  les églises et les châteaux détruits  par la guerre. Quelques uns profitant de leur expérience de mineur se mettront aux services des maîtres de forge de la région. Après journée, les maçons occupant des maisons abandonnées avaient tout loisir de les restaurer et par la suite fonder une famille. Certains sculpteurs seront les auteurs des croix funéraires et vicinales de nos régions. D’un côté,  en Lorraine et au Luxembourg,  on attirait par des offres de travail et d’insertion et de l’autre côté les autorités autrichiennes chassaient leurs indésirables et les poussaient à quitter le pays. En arrivant, certains changèrent de nom, de religion ; ce qui ne facilitera pas les recherches dans le pays d’origine.

 

 

Aux noms des généalogistes je remercie  tous ceux qui ont répondu à mon appel et m’ont fait parvenir les renseignements en leur possession.

 

 

Affaire à suivre .....

 

 

 

Jean-Marie Zimmerman vers 2000

 

 

 

 

Le Tyrol (Tirol)

 

 

12.647 km2 -  ~ 500.000 hab. ( en 1998 )

 

Pays patriarcal de montagnards et bastion de la tradition catholique et patriotique de l’Autriche

 

A pratiqué jusqu’au XVII ° s. une exploitation intensive des filons d’or, d’argent et de cuivre, ainsi que l’extraction et l’exploitation du sel

 

 

Le Vorarlberg

 

2.602 km2 ~ + de 200.000 habitants

 

 

Origine - Populations

 

Les premiers habitants du Tyrol de la civilisation de Hallstatt (800 à 400 av JC) succombèrent vers 400 av JC devant les envahisseurs Celtes tandis que des populations illyriennes se réfugièrent dans le Vorarlberg et dans le Tyrol septentrional.

 

La conquête romaine date du règne d’Auguste. Une des 3 provinces que constituait l’Autriche, était la Rhétie (le Voralberg actuel) dont la capitale était Augusta Vindelicorum (Augsbourg)

 

Après la chute de l’empire romain, des Barbares (Germains) occupent le terrain et passent progressivement au service de Rome comme auxiliaires puis comme colons.

 

Des Bavarois, venus des steppes de Russie méridionale occupent à partir de 570 le Tyrol, une partie des Alpes autrichiennes et la vallée du Danube.

 

Sous Charlemagne, les occupants slaves furent rapidement germanisés suite à l’afflux de paysans allemands. On trouvait des allemands au-delà de toutes les frontières.

 

 

 

Au Tyrol s’est maintenue longtemps la division en comtés, propre au Haut Moyen Age et correspondant en partie à la répartition germanique en “ gaue “.

 

Dans la vallée de l’Inn, existaient 3 comtés :

 

  • celui de la haute vallée de l’Inn (Oberinntal), de Finstermünz jusqu’au confluent de la Melach
  • celui de la basse vallée de l’Inn (Unterinntal), attenant au premier et s’étendant jusqu’à la Ziller
  • celui désigné ultérieurement par le nom de “ Landgraviat de la montagne “ dont la destinée politique s'accomplira davantage au cours du Bas Moyen Age

 

Les dignitaires ecclésiastiques qui disposaient dès le X° siècle d’importants droits d’immunité et de propriétés considérables jouèrent un grand rôle au Tyrol des 2 côtés de la chaîne principale des Alpes.

 

En 1027, l’empereur Conrad II remet de nombreux comtés aux évêques-soldats  de Trente et Brixen afin que ceux-ci assurent la sécurité des grands axes conduisant en Italie. Ces comtés furent à l’origine du Tyrol qui pris naissance au XII° siècle sur le revers Sud des Alpes, aujourd’hui rattaché à l’Italie, sous la juridiction des comtes de Tyrol, établis au château de ce nom, au-dessus de Meran (Merano).

 

 

Au XII° siècle, 3 familles nobles influencèrent la vie de la région. Les Andechs qui contribuèrent au développement d’Innsbruck qui en 1239 reçut un statut municipal d’Othon II d’Andechs, lignée qui s’éteignit à la mort de celui-ci . Les comtes d’Eppan (Appiano) installés dans la vallée de l’Adige ; cette branche s’éteignit vers 1273 avec la mort d’Egnon évêque de Trente. Les comtes du Tyrol qui donnèrent leur nom au pays.

 

 

 

Les Habsbourg (de 1278 à 1918)

 

Rodolphe I° , fondateur de la maison des Habsbourgs   Une adroite politique de mariages donne à l’Autriche au 16° siècle plus de territoires que les guerres les plus favorables ne sauraient lui assurer.

 

 

 

A l’origine seigneurs de Suisse alémanique, les Habsbourg profitent de leur position royale pour s’emparer des ducs d’Autriche et s’implanter durablement. Rodolphe de Habsbourg, au caractère belliqueux, s’attaque à Ottokar et occupe Vienne.  Par sa victoire à Dürnkrut, dans le Marchfeld, le 26/08/1278, Rodolphe I° de Habsbourg assit son autorité sur le pays.

 

 

 

En 1273, Elisabeth de Bavière, qui avait épousée en seconde noces le comte Meinhard II (le premier artisan de l’unité tyrolienne, fonde l’abbaye cistercienne de Stams (entre Silz et Telfs).

 

 

 

En 1282, Rodolphe I° inféoda la Basse-Autriche à son énergique fils Albert, la Styrie à son fils Rodolphe et la Carinthie à son allié le comte de Tyrol.

 

 

Des immigrants allemands pénètrent dans le Tyrol méridional, au sud de Bolzano et dans le Fersental.

 

 

La lignée des comtes du Tyrol s’étant éteinte en la personne de Meinhart III (1363), l’empereur Charles IV de Luxembourg inféoda en 1365 le Tyrol à son gendre Rodolphe IV, fils d’Albert II , le sage , de Habsbourg .

 

En 1368, les Habsbourg achètent le comté de Feldkirch dans le Voralberg ; ce qui facilite les communications entre leur patrimoine rhénan et danubien.

 

En 1379, l’Autriche fut à nouveau divisée entre les fils héritiers jusqu’à la réunification définitive de 1457 après la mort de Ladislas le Posthume.

 

 

 

De 1406 à 1439, Frédéric (les poches vides ) est duc du Tyrol .

 

 

 

Au XV° siècle, les vrais maîtres du pays sont les seigneurs qui descendent des familles aristocratiques du haut Moyen Age et qui constituent “ l’Ordre des seigneurs “ (Herrenstand) , y compris les évêques princes d’empire .

 

 

 

L’empereur Maximilien (Max pour les intimes) , fils de Frédéric III , par son mariage en 1° noces en 1477 avec Marie  de Bourgogne , la fille unique de Charles le Téméraire , fut à l’origine de l’empire de Charles Quint .

 

Maximilien investi de la dignité impériale en 1493, fit d’Insbruck (Tyrol) sa résidence favorite et le siège du gouvernement Tyrolien. En 1494, il épousera à Innbruck, Blanche-Marie Sforza . Il décèdera à Wels en 1519.

 

 

 

Par le traité de Worms en 1521 et celui  de Bruxelles en 1522,  l’archiduc Ferdinand  , frère de Charles Quint reçoit la Basse -Autriche , l’Autriche intérieure , le Tyrol , le Wurtrmberg et les pays antérieurs Bientôt la mort de leur beau-frère Louis II Jagellon , tué par les Turcs à la bataille de Mohacs , permettait à Ferdinand de se faire élire roi de Bohême , de Croatie et de Hongrie en 1527 . Ferdinand ayant épousé Anne Jagellon en 1521.

 

Dans le domaine confessionnel, le règne de Ferdinand I° vit le triomphe de la Réforme dans les pays héréditaires, à l’exception du Tyrol et de la Carinthie qui demeurèrent fidèles à l’Eglise romaine

 

 

Lagitation religieuse déclenchée par l’entrée en scène de Luther en 1517, et la révolte des paysans gagnèrent l’Autriche et le Tyrol qui tenta de créer un “ statut tyrolien “ qui avait pour but la création d’une loi paysanne uniforme et l’indépendance de cette région ou le sentiment régionaliste y était très fort. Le Tyrol qui avait pour un temps adopté la Réforme reviendra au catholicisme en 1525 après l’écrasement de la grande révolte paysanne.

 

 

 

En 1523,  les ouvrages protestants sont interdits et en 1534 les anabaptistes (successeurs des sectes mystiques médiévales)  qui avaient osés déclarer la communauté des biens, l’amour libre et la révélation intérieure furent persécutés, contraints à l’émigration et beaucoup subirent le supplice du bûcher. Au XVII° siècle les anabaptistes se réfugieront en Russie, Etats-Unis et Canada (de nos jours, les Frères hutériens et les mennonites). Malgré cela, le protestantisme gagne du terrain et le nombre des communiants de Pâques alla en diminuant jusqu’en 1560.

 

En 1527, un décret supprime les corporations ouvrières en Basse et Haute-Autriche ; il s’agissait d’une mesure dictée par la noblesse, hostile aux villes et que le souverain voulait se concilier.

 

Devant l’ingérence sans cesse croissante du souverain dans l’organisation professionnelle, les artisans se groupèrent en associations nationales telles que le Moyen Age n’en avait jamais vues, à l’exception peut-être des tailleurs de pierre. On ne pouvait exercer ces métiers que dans les villes car les ouvriers citadins refusaient d’admettre l’industrie villageoise.

 

 

Depuis de nombreuses années, les Turcs s’introduisent dans les territoires de l’empire et chaque fois l’empereur doit faire des concessions aux protestants s’il veut obtenir leur aide

 

 

 

Dès 1554, Ferdinand I° organise le partage de ses terres

 

 

A l’aîné, Maximilien II, il donne l’Autriche danubienne, la Bohême et la Hongrie.

 

Le puîné, Ferdinand, obtient l’Autriche antérieure et le Tyrol, tandis que Charles se contente de la Styrie, de la Carniole et du littoral adriatique autrichien.

 

 

Ferdinand, dont les Etats sont à forte majorité catholique, laisse les jésuites sévir contre les réformés et parvient à préserver entièrement le Tyrol, vieille terre traditionnellement catholique de la contagion des idées nouvelles.

 

Le  domaine préféré de l’archiduc Ferdinand, régent du Tyrol, et de la belle Philippine Welser, fut le château d’Ambras près d’Innsbruc, où il accumulait une masse énorme et hétéroclite d’objets d’art et d’armures.

 

En 1595, à la mort de l’archiduc Ferdinand, Maximilien, coadjuteur du Grand Maître de l’Ordre Teutonique, assura le gouvernement du Tyrol jusqu’à sa mort en 1618.

 

 

 

De 1618 à 1648 - Guerre de Trente Ans

 

Causée par l’antagonisme entre les protestants et catholiques et les craintes de l’Europe devant les ambitions politiques de la Maison d’Autriche.

 

 

En 1626 à l’archiduc Maximilien avait succédé, son frère cadet l’archiduc Léopold qui parvint à se faire reconnaître par l’Empereur comme souverain du Tyrol et des territoires souabes et antérieurs.

 

 

Ferdinand II, élu empereur en 1619 , fut le champion de la Contre-Réforme et  favorisa la création de couvents et fonda  16 collèges jésuites . A l’occasion, Ferdinand se sert de la croix comme du sabre , et son fanatisme religieux , sa haine du protestantisme  provoqueront la guerre de Trente Ans

 

Ferdinand II s’attache aussi à extirper le protestantisme en Haute-Autriche. De nombreux réformés choisissent l’exil et se réfugient dans les principautés protestantes d’Allemagne méridionale.

 

 

Après les décrets de 1625 et 1628 ainsi qu’après 1648, les Luthériens furent placés devant l’alternative de la conversion au catholicisme ou de l’exil. On estime que plus de 100.000 personnes quittèrent l’Autriche actuelle pour se réfugier principalement dans les villes impériales, en Suisse et en Allemagne du Nord, des groupes dispersés allèrent même jusqu’en Suède.

 

Souvent ils recherchaient des localités qui avaient beaucoup souffert de la guerre et ils participaient à la reconstruction. Souvent ils parvenaient grâce à leur talent et à leur énergie, à une haute situation dans leur nouvelle patrie. Des émigrants autrichiens fondèrent des villes. Des familles nobles romanes prirent la place des protestants nobles émigrés, notamment au Tyrol.

 

En 1628 et 1629, des Tyroliens quittèrent leurs vallées du Lech et de l’Inn pour venir s’établir en Basse-Autriche. Les mineurs Tyroliens (mines d’argent et de cuivre) étaient des spécialistes très appréciés et recevaient souvent des offres de pays lointains.

 

 

Après avoir mis l’Europe à feu et à sac, Ferdinand II meurt le 15 février 1637, content de lui.

 

Le règne de l’empereur Ferdinand III se caractérise, comme celui de son père par une loyauté absolue envers la cause catholique et il poursuit la guerre jusqu’à la signature en 1648 de la Paix de Westphalie,

 

Ferdinand III meurt en 1657. Son fils Ferdinand IV étant mort à 21 ans de la variole, c’est Léopold qui sera élu le 18 juillet 1658.

 

 

L’exploitation du cuivre et des métaux précieux souffre de plus en plus  depuis la fin du XVI° siècle de la concurrence des mines d’outre-mer. En 1657, les FUGGER d’Augsbourg, abandonnent la mise en valeur des gisements de Schwaz, leur économie minière étant lourdement endettée au Tyrol. Au temps où ses mines d’argent et de cuivre étaient en pleine production, Schwaz constituait la ville la plus peuplée du Tyrol après Innsbruck. Suivant la tradition populaire on disait que les mineurs de Schwaz pouvaient faire sonner le pavé sous les clous d’argent de leurs souliers.

 

 

 

Territoires de Deux-Ponts ( Zweibrücken )

 

Aucun texte se rapportant à des mesures d’immigration n’a été retrouvé à ce jour. Il faut admettre que le comte Friedrich LUDWIG (1661 - 1681) avait pris des dispositions en faveur du repeuplement de son territoire car, du temps de son règne apparaissent de nombreux Suisses et Tyroliens.

 

 

 

Alsace

 

C’est par l’Ordonnance de Novembre 1662  que le Roi de France régla le défrichement de ses terres en Alsace avec la promesse de pouvoir y choisir une maison et autant de terres que les immigrants faisant profession de la “ Religion Catholique “  seraient capables de labourer . De plus ils seraient dispensés pour une période de toute imposition. Il est difficile d’affirmer que de nier l’entrée de colons Luthériens et Calvinistes après 1662, le contrôle n’étant pas bien sévère surtout dans les seigneuries protestantes.

 

 

 

En Lorraine

 

Réf : LOUIS Alfred dans Généalogie Lorraine N° 110  de déc. 98

 

Extrait : La restauration économique et démographique est tentée vers 1660/63  par le Duc Charles IV

 

Revenu à la tête de ses états (1661-1670) et du roi de France. On note la présence de colons originaire du Tyrol, de l’Allgaü, etc ....

 

 

En 1664, aidé par la France qui prête 6.000 hommes, l’empereur Léopold I° combat avec bonheur les Turcs (Paix de Vasvar)

 

En 1665 ,  l’extinction de la branche cadette tyrolienne des Habsbourg , avec la mort de Sigismond-François ( 1662-1665 ) fils de Léopold V et ,frère cadet et successeur de Ferdinand Charles (1646-1662 ) permet à l’Autriche ( l’empereur Léopold I° ) de récupérer le Tyrol .

 

Léopold I° s’étant engagé à rester neutre lors de l’offensive que Louis XIV lancera contre la Hollande ne tient pas sa parole et engage ses armées autrichiennes aux côtés de la Triple-Alliance

 

La guerre se poursuit de 1672 à 1679. Après cette guerre de dévolution, l’Autriche est fortement diminuée.

 

La Paix de Nimègue en 1679, permet au duc de Lorraine de retrouver ses territoires.

 

 

 

Région de Sarrelouis

 

 

Lettre de Naturalité

 

En faveur de tous les estrangers qui seront establis à Sarre-Louis et à Vaudrevanges et qui feront construire des maisons au même lieu de Sarre-Louis. Vérifiées au Parlement le Vingt-neuvième Déc 1681

 

 

Louis par la grâce de Dieu-Roy de France et de Navarre

 

A tous présents et à venir, Salut. Considérants qu’après avoir fait fortifier la Place de Sarre-Louis , il est du bien et de l’avantage de notre Service de pouvoir à la faire peupler d(habitants et que rien n’y put contribuer davantage et n’est plus capable d’y attirer des Estrangers des Pays et Etats voisins et les convier de s’y aller establir ou à Vaudrevanges qui en est tout proche , en attendant qu’ils puissent faire construire des maisons audit Sarre-Louis qu’en les faisant jouir des mesmes privilèges et franchises dont jouissent nos naturels sujets dans nôtre Royaume . Etc......... Donné à St Germain en Laye 30 ° jour de Nouveau l’an de grâce Mille 681 et notre règne le 39°  Signé Louis et sur le reply  Par le Roy, Le Tellier

 

 

Remarquons que ces dernières Ordonnances du Roi de France ne formulent aucune réserve au sujet de la religion des immigrés. Mais la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 met un terme à cette tolérance.

 

Baltzer note qu’en 1685 il a été fait appel à la troupe stationnée à Sarrelouis pour “ convertir “ les protestants de cette région. A Fenetrange, l’intendant réunit en 1685 les religionnaires dans l’église et ne les laisse sortir que lorsqu’ils eurent signé leur abjuration. Une fois convertit, on leur interdit de quitter le Pays.

 

 

Déclaration du Roi portant punition de mort, contre ceux qui favorisent l’évasion des nouveaux convertis hors du Royaume. Donné à Fontainebleau le 12 oct. 1687.

 

 

 

On pourchasse de plus en plus les réformés et un édit de 1691 interdit même dans la province de la Sarre tout mariage non catholique.

 

 

Léopold I° et déjà Ferdinand III, promulguèrent de nombreux décrets concernant les artisans. Les représentants des corporations réclamaient une limitation du nombre des entreprises privées, un accroissement des taxes et des punitions infligées aux compagnons. Les chefs d’œuvre devaient être plus difficiles et plus nombreux. Mais les éléments qui se virent ainsi interdire l’exercice légal de leur profession allèrent renforcer les rangs des “ perturbateurs “, des concurrents non autorisés. Sur 100.000 maîtres et compagnons, Becher estimait qu’il y avait en 1679, 50.000 perturbateurs dans les terres héréditaires. En 1682, une tréfilerie d’or et d’argent installée à Innsbruck périclite.

 

 

 

 Le 14 juillet 1683, le grand-vizir Kara-Mustapha à la tête d’une armée de 300.000 hommes commence l’investissement de Vienne abandonnée par l’empereur et la cour. Seulement 24.000 hommes commandés par Starhemberg résistent pendant 2 mois à tous les assauts. Alerté par l’empereur Léopold I°, son beau-frère le duc Charles de Lorraine rassemble une armée de secours de 80.000 hommes et passe le fleuve le 10 septembre à Tulln et à Krems. Le 11,  il déploie son armée dans le Wienerwald  et le 12 pris en étau, les Turcs trouvent leur salut dans la fuite. La victoire du Kahlenberg eut un retentissement énorme dans toute l’Europe et les souverains occidentaux reconnurent désormais la prééminence de l’empereur, sauveur de la Chrétienté. La menace Turque disparut, démantelée par le prince Eugène, l’un des plus célèbres généraux de son temps.

 

NB : Quelques militaires originaires de Lorraine et ayant accompagnés le duc Charles feront carrière  dans l’armée autrichienne.

 

 

Alors qu’on avait expulsé d’innombrables protestants à l’époque de la Contre-Réforme on cherchait maintenant à augmenter par tous les moyens le chiffre de la population. On avantageait les immigrants catholiques. En 1685, plus de 1.000 Salzbourgeois, protestants du Deffregental, dans le Tyrol oriental, et mineurs de Dürrnberg , durent abandonner leur patrie . La plupart des émigrants, conduits par Joseph Schaitberger, l’auteur du célèbre “ Chant des exilés “ se rendirent en Allemagne du Sud , certains gagnèrent la colonie des Quakers en Pennsylvanie (USA) . Le grand Exode Salzbourgeois de 1731 suite aux décrets de la Diète de Ratisbonne,   porta sur environ 22.000 personnes soit 1/5 de la population qui émigra principalement en Prusse orientale. Quelques-uns allèrent en Hollande, en Géorgie (USA).

 

 

Après la défaite des Turcs, l’empereur Léopold redevient francophile jusqu’en 1690 alors que l’empire est à nouveau en guerre contre la France qui a envahi le Palatinat.

 

 

 

En Lorraine

 

Réf : LOUIS Alfred dans Généalogie Lorraine n° 110 de décembre 1998.

 

Extrait : Des mesures sont prises pour relancer l’économie le 2 avril 1698, des facilités sont accordées aux jeunes mariés et aux étrangers voulant s’établir dans les duchés. Des exemptions fiscales sont accordées aux laboureurs et manouvriers étrangers qui rétabliraient ou construiraient des maisons.

 

On connaît mal le bilan exact de l’immigration. Les registres paroissiaux ne renseignent pas les gens antérieurement mariés ni les célibataires.

 

 

 

Le duc Léopold par son ordonnance du 10 octobre 1698 autorise les étrangers (au sens large ) à s’établir dans les bailliages d’Allemagne de son duché . Ils peuvent s’emparer des terres abandonnées. Les anciens propriétaires qui les réclament dans l’année ne peuvent les recouvrer gratuitement que 10 ans plus tard, ou sur le champ en payant une indemnité. Les nouveaux occupants sont naturalisés d’office, exempts de toute charges pendant 10 ans s’ils bâtissent.

 

Par une nouvelle ordonnance de 1704, les propriétaires de masures sont tenus de les restaurer s’ils ne veulent pas être expropriés, l’Etat les adjugeant au plus offrant. Une nouvelle ordonnance du 12 janvier 1715 accorde un délai de 3 ans dans les villes et de 6 ans dans les villages aux propriétaires de bâtiments en ruines pour les relever , faute de quoi , après simple sommation au propriétaire , des tiers peuvent les habiter , à la condition de les entretenir . Sous la seule condition d’être de religion catholique, les étrangers reçoivent des lettres de naturalité et sont affranchis du droit d’aubaine de 1706 à 1712.

 

Le duc ne toléra jamais de Réformés dans ses Etats et même convertis, ne les laissa pas partir.

 

Par l’ordonnance de 1724, il annula les ventes qu’ils avaient déjà pu faire. Les Tyroliens venus en Lorraine pour reconstruire furent imités par des Français du Limousin, de l’Auvergne et du Dauphiné pour défricher les terres désertées.

 

 

Arrive la guerre de Succession d’Espagne. Les troupes françaises pénètrent en Espagne et l’empire déclare la guerre à Louis XIV. Léopold I° doit combattre sur tous les fronts. La situation empire avec les attaques bavaroises contre le Tyrol. La situation évolue dès la conclusion d’une alliance avec l’Angleterre et les Pays-Bas. La guerre dure depuis 4 ans quand l’empereur Léopold I° meurt le 5 mai 1705. Elle se prolongera encore 10 ans sous le règne de son fils aîné Joseph I°  mort le 17 avril 1711 de la varicelle, c’est son frère Charles VI qui lui succède et qui signe la paix en mars 1714. Charles VI se retrouve à la tête d’une Autriche agrandie de la Belgique, du Luxembourg, de la Sardaigne etc. .....

 

 

C’est en analysant ces données que l’on découvre  pourquoi des immigrés Tyroliens et autres étrangers sont venus s’installer en Lorraine et dans le duché de Luxembourg après la guerre de Trente Ans (1648)

 

 

 

                                                                                                   Jean-Marie ZIMMERMAN - 2001